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Est-il vrai, comme on l’entend souvent dire dans nos villes, que développer les modes doux au détriment de l’usage de la voiture serait "anti-économique" et mettrait en péril le petit commerce ? Quelques études menées dans les pays voisins (Autriche, Belgique, Allemagne) permettaient d’en douter. Nous voulions donc savoir ce qu’il en était en France.
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Les sites enquêtés étaient majoritairement en centre-ville, auprès de commerces de type "petit supermarché". Dans chaque magasin, un enquêteur recueillait des données un jour de semaine (mardi ou jeudi) et un samedi. Les renseignements suivants ont été collectés en interrogeant les clients directement à la sortie du magasin :
mode de déplacement utilisé pour venir au magasin
distance entre leur domicile et le magasin
temps de trajet
pourquoi ils avaient choisi ce mode de déplacement (question ouverte)
montant de leurs achats du jour
poids approximatif de leur panier
fréquence de leurs visites dans ce magasin
leurs revenus mensuels
La moyenne porte sur 1300 clients de 10 magasins situés à Dijon, Grenoble, Lille, Nantes, Salon-de-Provence ou Strasbourg. La taille de l’échantillon est tout-à-fait significative statistiquement, mais toutefois pas assez importante pour étudier séparément chaque ville.
Donc bien loin de pénaliser le petit commerce, le développement des modes doux leur serait au contraire profitable, y compris s’il faut "sacrifier" quelques places de stationnement voiture dans leur rue.

Après tout, sur une seule place de stationnement voiture (occupation moyenne : 1,2 personne par voiture), on peut ranger confortablement 8 -voire 10- vélos, soit 8 à 10 clients potentiels.
Un dépliant de sensibilisation que vous pouvez diffuser largement (associations de commerçants, associations de quartier,...) résume les principales conclusions de l’enquête et suggère quelques conseils pratiques : vous pouvez télécharger un aperçu du dépliant dans notre rubrique Services > Boutique.
En 2004, un consultant de la Chambre de Commerce de Paris a présenté son expérience lors du colloque du Club des Villes Cyclables . Il a confirmé que les opérations de réhabilitation de voirie menées à l’occasion de créations de Zones 30 ou d’un projet de tramway se soldaient, après la période toujours un peu difficile du chantier lui-même, par une augmentation du chiffre d’affaire des commerces riverains, malgré une diminution de l’espace accordé à la voiture.
Une ville de 38000 habitants dans le sud-est de la France a fait le même constat à l’occasion du passage en Zone 30 de la principale artère traversant la ville : un commerçant qui s’était opposé au projet à cause de la réduction du nombre de places de stationnement a finalement vu son chiffre d’affaires s’améliorer de 30% en quelques mois.
Inversement, une étude comparative de 3 villes françaises (Besançon, Grenoble, Toulouse) et 3 villes suisses (Berne, Genève, Lausanne) a montré que dans les villes qui ont le plus facilité la circulation en voiture, les petits commerces perdent davantage de clients au profit des hypermarchés de banlieue. Source : "Les citadins face à l’automobilité", V.Kaufmann, C.Jemelin et J.M.Guidez, EPFL + CERTU (1998).
Une association de commerçants d’une grande ville française avait commandité une enquête qui montrait, parait-il, que les citadins ne font jamais d’achats à vélo. Nous avons trouvé l’explication : les enquêteurs interrogeaient, dans une aire piétonne du centre-ville, les passants qui portaient des sacs d’achats à la main, donc... jamais les cyclistes qui avaient rangé leurs achats dans leur sacoche ou leur sac à dos !
Le bilan de notre enquête a donné lieu à la publication d’un rapport complet, destiné aux experts, et d’une synthèse facilement accessible à tous qui en résume l’essentiel.