Congrès FUBicy à Lons le Saunier : villes cyclables, des solutions sur mesure !

30, 31 mars et 1er avril 2007 à Lons-le-Saunier

Introduction
Pour sa neuvième édition, et pour la première fois depuis sa création, le congrès a été accueilli dans une ville dite " moyenne ". Ce fut donc l'occasion, notamment, d'apporter un éclairage diversifié sur les problématiques liées aux agglomérations moyennes. Nous avons été reçus par l'association locale de Lons Le Saunier : " Vélo qui rit " en référence au célèbre " fromage " fabriqué à proximité. Face aux difficultés éprouvées pour se déplacer à vélo, quelques habitants de Lons-le-Saunier se sont regroupés et ont formé cette association, d'emblée affiliée à la FUBicy, qui regroupe à ce jour 143 associations reparties sur le territoire français.
Le congrès de la FUBicy se déroule communément en 3 temps bien distincts, répartis sur 3 journées.
La journée du vendredi est une journée d'étude, ouverte aux élus et techniciens qui façonnent nos agglomérations. Soyez-en certains, en participants au congrès de la FUBicy, ils entendent forcément de bons conseils ! 220 personnes ont participé à cette journée du vendredi.
La journée du samedi est dédiée à l'assemblée générale de la FUBicy et le dimanche c'est la présentation des actions innovantes des associations présentes (nous avons choisi de présenter l'opération menée en septembre 2006 à La Chapelle-sur-Erdre au cours de laquelle 1200 collégiens ont sillonné la ville à vélo, emmenés par Pierre Biland, adjoint au maire et adhérent de Place au Vélo) et la balade finale.
L'ambiance et la qualité des débats furent extraordinaires. Et, c'est toujours fascinant d'échanger avec nos homologues (adhérents, membres du CA, salariés) d'autres villes ! Je ne peux donc que vous inciter à songer à y participer en 2008 (Grenoble) : c'est un rendez-vous ouvert à tous les adhérents de Place au Vélo !

Clou rouillé
Nous n'avons finalement pas retiré la candidature de Nantes au clou rouillé... tout en précisant que cela risquait d'être contre-productif s'il l'obtenait.
Une autre candidature était en face, une ville en banlieue de Grenoble, qui a fait beaucoup de choses mais a aussi quelques ratés. Les grenoblois ont aussi dit qu'il ne fallait peut-être pas leur attribuer le prix...
Un débat a eu lieu dans la salle : il est évident que la concurrence d'autres villes devrait empêcher l'attribution du prix à ces villes qui ont fait beaucoup pour le vélo. Dans ces autres villes, les assos sont trop frileuses ou se disent qu'ils commencent à avoir un début de dialogue.
Il y a eu un vote en 2 étapes : d'abord savoir si on attribue un prix, et à qui. Finalement, il a été décidé de ne pas attribuer de clou rouillé cette année. L'honneur est sauf, nous n'avons pas retiré la candidature de Nantes.

Villes moyennes et vélo : quels enseignements ?
J'ai écouté avec beaucoup d'attention les présentations d'élus de 3 villes dites " moyennes ". C'était fort intéressant de comprendre pourquoi et comment ils ont pris en compte le vélo dans l'aménagement de leurs villes.
Christine BAUDOIN, adjointe à l'urbanisme de la commune de Jacou (la plus petite des 31 communes de l'agglomération Montpelliéraine- 5000 habitants) a expliqué qu'en 2000, lors de la création d'un collège, l'équipe municipale a choisi son implantation de manière à créer dans la foulée des pistes cyclables sécurisées pour faciliter l'accès aux collégiens. Ainsi, dès la première année de mise en fonctionnement, 70% des jeunes ont préféré le vélo comme mode de déplacement pour se rendre au collège !
L'exemple de la ville allemande d'Offenburg a ensuite été présenté, en français impeccable, par Dieter Eckert, son maire-adjoint. Il nous explique que le vélo est traditionnellement très implanté à Offenburg et qu'un quart des trajets intra muros est effectué à bicyclette. Je ne vous détaille pas l'ensemble des mesures prises pour favoriser la pratique du vélo. Simplement, un exemple édifiant : à la gare, 665 places de parking vélo couvertes sont installées, sans compter la soixantaine de box vélos à disposition et les très nombreuses places à ciel ouvert. Quand on sait qu'Offenburg compte 60.000 habitants ça fait rêver ! Une fois de plus, on ne peut que se faire la remarque suivante : la pratique du vélo dépend de la qualité des aménagements et des infrastructures proposés et donc, de la volonté politique !
Enfin, Christophe Bérard, vice-président de la communauté d'agglomération de Chambéry (120.000 habitants) en charge des transports et des déplacements a présenté tous les outils déployés dernièrement pour inciter à la pratique cycliste. Voici ceux qui m'ont le plus frappée :
- un " patrouilleur " à vélo est recruté par la ville pour recenser les problèmes sur le réseau cyclable et les solutionner au plus vite (débris, peinture abîmée, niveaux zéro…)
- des appuis-vélos sont offerts à toutes les villes de l'agglomération qui en font la demande et Chambéry Métropole en vend aussi à prix coûtant aux entreprises engagées dans un plan de mobilité.
- Une commande de 15 box vélos pouvant contenir chacun 10 vélos est passée. Les box seront répartis aux différents points d'accès à la ville de Chambéry (nos P+R !). Design, mobilité, robustesse…rien n'a été laissé au hasard dans la consultation des entreprises pour la création de ce mobilier. C'est une entreprise locale qui a d'ailleurs remporté l'appel d'offre.
- Enfin, Chambéry Métropole met 11 euros par habitant par an pour le vélo. Pour information, la FUBicy précise qu'à partir de 6 euros par personne et par an on peut considérer que la collectivité met les moyens pour le vélo ! Bravo !

Vélo et centrales de mobilité

Le concept de " Centrale de mobilité " mérite d'être un peu défini. Il s'agit d'un guichet unique au service de tous les modes de transport dont les fonctions sont multiples : information multimodale, réservation, accompagnement individualisé. Là où elles existent-elles sont centrées sur le transport collectif mais aussi le transport alternatif : modes doux, transport à la demande, covoiturage, autopartage, taxis. On peut détecter 4 dynamiques au développement de ces centrales :
- le transport à la demande dont on a recensé plus de 300 expériences en 2004
- l'information géographique avec calculateur d'itinéraire routier puis TC souvent informatisé
- les institutions européennes avec des programmes et expérimentations soutenues
- la loi SRU (solidarité renouvellement urbain) qui exige une information multimodale.
Les cyclistes voient bien l'intérêt de ces centrales qui pourraient accueillir en plus, la location, le gardiennage ainsi qu'un atelier d'entretien des vélos sans oublier l'organisation de balades. Ca se fait en Belgique, la centrale de Philippeville fait même passer le brevet des cyclistes, en Allemagne par exemple à Hanovre ou Fribourg-en-Brisgau. En France, les expériences " centrale avec vélo " sont assez réduite, dans l'atelier on nous a présenté deux expériences. Celle de l'association " Voiture&CO " à l'origine consacrée au covoiturage qui propose à Nanterre et à Marseille, sur le campus de Lumigny, des " Maisons des Transports " dont un pôle important est consacré au vélo allant de la location à la journée à l'année à la formation au vélo, des balades des vélos bus, des tests de vélos. L'autre expérience se déroule dans la banlieue sud-est de Toulouse par l'association " Covoitural " avec là encore la panoplie à peu près complète des services vélo. Malheureusement ce qui frappe dans les deux cas c'est la modestie du nombre de vélos en jeu, une cinquantaine à Nanterre et à Marseille et une quinzaine à Toulouse. Ces expériences vivent donc à " L'arrache " tentant de créer et l'offre et la demande de services vélos.

Pierre, Raphaëlle et Bernard

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