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Actualités 2000 : le Pays 26 mai

Belfort-Montbéliard : pneus crevés et dégonflés

Les usagers de la bicyclette, réunis au sein des associations Véloxygène à Belfort et VéloCITÉ à Montbéliard, jugent sévèrement la politique menée dans les deux villes en faveur des deux-roues. Mais la cité du Lion décroche, incontestablement, la palme du mauvais élève.

CONTRAIREMENT à certains pays d'Europe, la France a bien besoin d'une fête du vélo pour rappeler à chacun les atouts de ce moyen de locomotion qui, entre autres avantages, ne pollue pas et est bénéfique pour la santé. Et comme le discours politique a intégré le souci de l'écologie, le développement des deux-roues devrait être une des priorités des politiques municipales de transports. Malheureusement, il n'en est rien et Belfort comme Montbéliard apparaissent bien loin du peloton de tête des villes attachées au vélo.

un cyclotouriste à Belfort

Photo le Pays

Pour les responsables des associations d'usagers de la bicyclette, Belfort comme Montbéliard ont de gros efforts à réaliser pour permettre la circulation en ville des deux-roues.

« Pour la philosophie et la réalisation des projets » en faveur des deux-roues, la cité du Lion se voit attribuer une note de « trois ou quatre » sur 20 par le fondateur de l'association Véloxygène, Daniel Lacaille, qui estime que Belfort accuse « 20 ans de retard ». François Lachambre, le secrétaire de l'association audincourtoise VéloCITÉ à Montbéliard, préfère, pour juger l'action de la municipalité de la cité des Princes, l'appréciation « Peut mieux faire ». Et « s'il faut vraiment donner une note, je dirais 8 sur 20. » Selon lui, « la méthode est bonne, la concertation réelle mais les crédits insuffisants. Par rapport au nombre de cyclistes, on est loin du compte. On devrait avancer dix fois plus vite.»

Au pays de l'automobile, les choses changent

Par ailleurs coordonateur de la fête du vélo dans la cité des Princes le week-end prochain, François Lachambre a l'impression que l'association, qui participe au groupe de travail spécifique présidée par le premier adjoint au maire, est écoutée par les élus.« Au pays de l'automobile, les choses changent mais très lentement. On a, par exemple, obtenu pour les gens de Peugeot la réalisation d'une piste jusqu'à la Petite-Hollande. C'est très bien de développer les pistes de promenade et je comprends la logique de la Coulée verte mais le vélo doit aussi être un moyen de transport entre le domicile et le lieu de travail. Et on doit pouvoir rouler en toute sécurité.

Dans la presse spécialisée, Belfort est connue pour son incompétence

Montbéliard a fait un choix moins gratifiant, celui de privilégier les trajets domicile-travail et pas la promenade. Mais bien sûr, il faudrait accélérer le rythme.» En entendant les Montbéliardais souligner que « la municipalité a su abandonner des propositions qui ne nous satisfaisaient pas », les cyclistes belfortains sont rêveurs. Car du côté de Véloxygène, la colère règne. Et ce depuis des années. « Autant le conseil général a une bonne approche du vélo, avec des bandes cyclables, une ouverture d'esprit et des techniciens qui comprennent le sujet, autant la Ville a, pour le prochain mandat, des projets destructeurs qui nous ramènent 20 ans en arrière », assène Daniel Lacaille qui ajoute : « Depuis le début du mandat il y a cinq ans, aucun centimètre de site propre n'a été réalisé pour les utilisateurs de deux-roues.» Souvent citée en exemple tant elle est agréable à parcourir, la promenade François Mitterrand, qui longe la Savoureuse, n'est pas un modèle du genre pour les cyclistes. Car la cohabitation avec les piétons est parfois difficile, ces derniers comme les premiers devant bien souvent slalomer pour éviter l'accident.

Également secrétaire de la Fédération nationale des usagers de la bicyclette (FUBicy), Daniel Lacaille rappelle que « dans la presse spécialisée, Belfort est connue pour son incompétence. Car cela n'intéresse pas les élus qui nous dirigent.» L'adjointe au maire à la circulation, Michèle Comte-Faivre, en a fait les frais lorsque, à l'occasion d'un déplacement d'une délégation d'élus socialistes à Strasbourg, le responsable de la politique des deux-roues à la Communauté urbaine avait raillé les actions mises en œuvre dans la cité du Lion. La présentation du plan de déplacement urbain de Belfort avait pourtant fait naître un grand espoir à Belfort, le PDU prônant un transport multimodal (train, vélo, bus...). A ce jour, le projet n'a pas dépassé le stade des études. Pour se consoler, les responsables de Véloxygène voient d'un bon œil le futur aménagement du boulevard Kennedy avec une piste à double sens, et de chaque côté, réservée exclusivement aux cyclistes. « C'est le seul point positif », conclut Daniel Lacaille. Une chose est sûre : à l'approche des élections municipales, le thème des transports et notamment la politique en faveur des deux-roues devraient revenir dans le discours de tous les candidats.

SERGE RÉALINI, Le Pays

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