Le casque à vélo

Exemples de lettres que vous pouvez adresser à un élu local, à un journaliste,
à un vendeur ou distributeur de cycles...


Si sur le fond les arguments sont toujours les mêmes, ne négligez pas pour autant la forme. Nous vous recommandons de personnaliser la lettre pour l'adapter à votre interlocuteur député, maire ou autre élu local, journaliste, distributeur d'équipements pour cycles... Chacun a un rôle distinct et pourra être plus ou moins sensible à telle partie de l'argumentation. Nous vous proposons ici 3 exemples de lettre :

- pour des députés
- pour des distributeurs d'articles sports & loisirs
- pour votre maire

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( 1 ) Courrier adressé par la FUBicy aux députés

Un modèle plus récent (campagne octobre 2007) est disponible, en fichier Open Office ou Word, sur notre nouveau site :
fubicy.org > Dossiers > Sécurité > Casque > Vous pouvez agir


P.Lasbordes (Essonne), J.M.Rroubaud (Gard), M.Aurillac (Paris), C.Estrosi (Alpes-Maritimes), J.Charroppin (Jura), B.Bourg-Broc (Marne), A.Marleix (Cantal), L.Deprez (Pas-de-Calais), et T.Mariani (Vaucluse). Une lettre similaire avait été adressé à J.P.Bacquet (Puy-de-Dôme) et S.Andrieux-Baquet (Bouches-du-Rhône) auteurs d'une proposition de Loi en 2003, fort heureusement classée sans suite à ce jour. Pour connaître les députés ayant posé des questions sur ce sujet et leurs coordonnées, consulter le site web de l'Assemblée Nationale, Recherche avancée / texte intégral > Questions écrites, ou Recherche avancée par références > Propositions de loi  ; mot-clé [casque et cycliste]

à Madame / Monsieur le Député de [...département ou ville...]

Vous avez posé au Ministre de  [...compléter...] la quetion du port du casque pour les cyclistes, et votre question écrite semble montrer que vous seriez favorable à une loi qui interdirait de circuler à vélo sans casque. Cette question a déjà été posée une dizaine de fois depuis 2002, et la réponse apportée par le Ministre de l'Equipement est invariablement (en résumé) : ce ne serait pas une solution satisfaisante, ainsi que l'a montré l'échec de plusieurs expériences étrangères.

Indépendamment de cet avis ministériel, et suivant la position de la FUBicy, je [...ou nous, l'association AAA...] voudrais par ce message vous alerter sur le caractère hautement contre-productif d'une éventuelle loi obligeant tout cycliste à porter le casque. Elle aurait un impact négligeable sur le nombre global de victimes d'accidents de la circulation, mais ferait chuter significativement le nombre de cyclistes, ainsi qu'il a été observé dans plusieurs pays qui ont commis l'erreur de rendre le casque obligatoire. A l'époque où les conséquences de la sédentarité deviennent un enjeu majeur de santé publique, le bilan serait incontestablement négatif pour la collectivité.

C'est pourquoi les fédérations de cyclistes, autant la FUBicy (140 associations de cyclistes urbains), que la FFCT (3200 clubs cyclotouristes), sont fermement opposées à l'obligation du port du casque, et préféreraient que les pouvoirs publics communiquent sur les vertus et les avantages des déplacements à vélo, plutôt qu'à en donner - à tort - l'image d'un mode très dangereux.

Contrairement à des clichés hélas trop répandus, les cyclistes ne sont pas plus souvent blessés au crâne dans les accidents de la circulation (hors pratique sportive et tout-terrain) que les piétons ou les passagers d'automobile. Les cyclistes représentent 4% des déplacements quotidiens, 4% des blessés graves, et 3% des tués. Parmi les blessés, 17% des cyclistes, 26% des piétons, et 24% des automobilistes, sont touchés au crâne (source : Observatoire National Interministériel Sécurité Routière, septembre 2004). Parmi les tués, 82% des cyclistes, et 86% des usagers tous modes confondus, sont touchés au crâne (source : British Medical Association, 1999).

Il ne faut surtout pas confondre la pratique sportive, dans laquelle les risques de chute sont importants, et les déplacements à vélo à vitesse modérée. L'accidentologie est radicalement différente dans les deux cas. Les sportifs le savent bien, puisque plus de 80% des licenciés portent déjà un casque y compris pendant les entraînements (source: FFCT). Les coureurs automobiles portent un casque: pourquoi pas vous?

Si vous pensez que le principe de précaution voudrait que la Loi impose le casque aux cyclistes, admettez alors que le principe d'équité, auquel un député ne saurait être insensible, exigerait que la même Loi impose le casque aux piétons et automobilistes. Si vous souhaitez avoir plus d'informations sur l'accidentologie cycliste ou le port du casque dans différents pays, n'hésitez pas à consulter le site internet
http://fubicy.org/securite-routiere/casque
ou à nous contacter si vous souhaitez recevoir un exemplaire papier de ce dossier.

Vous pouvez également vous procurer le rapport parlementaire de Brigitte Le Brethon, remis au Premier Ministre le 9 mars 2004, et qui conclut également que la généralisation du port du casque n'est pas pertinente. L'Amicale Cycliste Parlementaire, tous partis confondus, est également opposée à toute obligation du port du casque en-dehors des compétitions sportives.

Veuillez agréer, [...Madame, Monsieur...], l'expression de mes salutations les plus respectueuses.

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( 2 ) Lettre adressée par la FUBicy à la fédération des distributeurs d'équipements sportifs www.filieresport.com, suite à la campagne de propagande "Jamais de vélo sans casque" initiée en mai 2005.
NB: il est utile que des associations locales s'adressent aux directions régionales des distributeurs, ces directions pouvant avoir une certaine autonomie dans leur politique commerciale. En outre, les magasins en région jouent un rôle de "thermomètre" vis-à-vis de la direction centrale.

Le fichier PDF de cette lettre de laFUBicy à la FPS est sur notre nouveau site

à M. Pierre GOGIN
FPS - Fédération Professionnelle des Entreprises du Sport et des Loisirs
124 boulevard Haussmann, 75008 Paris

Strasbourg, le 25 Août 2005


Objet : campagne « jamais de vélo sans casque »
Copie à :
A. Goetzmann, président du Comité de Promotion du Vélo, 79 rue J.J. Rousseau, 92158 Suresnes Cedex
Y. Claude, président du directoire Décathlon, 4 bd de Mons, BP 299, 59665 Villeneuve d’Asq Cedex
P. Wargnier, directeur général de Go Sport, 17 avenue de la Falaise, 38360 Sassenage

Monsieur le président,


Je voudrais, au nom de la FUBicy, vous interpeler par ce courrier au sujet de la campagne de promotion du casque que vous avez engagée en mai 2005. Nous voudrions vous alerter sur les effets pervers prévisibles de cette action, qui pourrait s’avérer très contre-productive tant pour le développement du vélo que pour la santé publique. Dans cette campagne, vous ne faites en effet aucune distinction entre les pratiques sportives, et les simples déplacements à vélo à vitesse modérée, alors que les risques d’accidents sont radicalement différents dans les deux cas.

Contrairement à des préjugés très répandus, le port du casque cycliste n’est pas pertinent pour résoudre le problème de l‘ insécurité routière, cette insécurité n’étant d’ailleurs, en moyenne, pas plus marquée pour les cyclistes que pour les piétons. Par contre, effrayer les usagers potentiels en faisant croire qu’il serait très dangereux de se déplacer à vélo sans casque détournera de la pratique du vélo une fraction significative des usagers. Vous vendrez probablement plus de casques, mais moins de vélos…

Or, une désaffection pour le vélo aurait un impact négatif au niveau santé publique. L’effet bénéfique d’un exercice physique modéré mais régulier est prouvé par plusieurs études cliniques, et nous soulignons que ces effets bénéfiques surpassent largement les risques d’accident de la circulation (source : OMS). Enfin, une baisse du nombre de cyclistes aurait un impact négatif sur leur sécurité : tous les bilans Sécurité Routière, dans de nombreux pays européens, montrent une corrélation assez nette entre l’augmentation du nombre de cyclistes, et la baisse du taux d’accidents.

Pour vous convaincre de ne pas prendre ces affirmations à la légère, nous attirons votre attention sur les faits suivants :

1. Dans la pratique sportive près de 90% des accidents sont des chutes de cyclistes (source : FFCT), situations dans lesquelles le port d’un casque peut s’avérer utile. Dans les accidents de la circulation, au contraire, plus de 90% des accidents sont des collisions avec des véhicules motorisés (source : Sécurité Routière), collisions dans lesquelles le choc initial du véhicule sur d’autres parties du corps est en général plus violent que le choc qui s’en suit du cycliste sur le sol. Vouloir étendre à tous les cyclistes le port du casque comme dans les compétitions sportives n’est pas plus justifié que de demander à tous les automobilistes de conduire casqués comme les pilotes de rallye ou de Formule 1.

2. Dans l’ensemble des accidents de la circulation, le risque de blessure à la tête n’est en moyenne pas plus élevé pour les cyclistes que pour les piétons ou les passagers d’automobiles. En France, les cyclistes représentent 4% des déplacements, 4% des blessés graves, et 3% des tués dans des accidents de la circulation. Parmi les blessés, 17% des cyclistes, 24% des automobilistes, et 26% des piétons, sont touchés à la tête (source : Sécurité Routière). Parmi les tués, 82% des cyclistes, et 86% des autres usagers, sont touchés à la tête (source : British Medical Association). Vos adhérents diffusent-ils pour autant des flyers « Jamais de chaussures de jogging sans mon casque » ?

3. Le communiqué de presse de lancement officiel de votre campagne, en mai 2005, sans doute inspiré par un dossier de l’INPES à qui nous avions pourtant déjà signalé ces incohérences, attribuait aux seuls traumatismes crâniens un nombre de tués deux fois plus élevé que le nombre total de victimes cyclistes sur les routes de France, toutes causes de décès confondues. Ces « approximations » ne font que renforcer le préjugé déjà trop répandu qu’il serait très dangereux de se déplacer à vélo, et risquent de détourner de cette pratique un nombre croissant de Français. Plusieurs expériences de généralisation du port du casque se sont soldées, de manière reproductible, par un effet dissuasif important. En Australie, en Nouvelle-Zélande et dans deux provinces canadiennes, la généralisation du port du casque cycliste, rendu obligatoire par la Loi il y a une dizaine d’années, s’est traduite par une baisse du nombre de cyclistes de 22 à 40% selon les régions, la chute de la pratique étant particulièrement marquée chez les jeunes et les femmes (source : Bicycle Helmet Research Foundation).

4. Enfin, contrairement à ce que prétendent certaines études largement médiatisées, mais basées sur des échantillons de population très restreints et non représentatifs, dans aucun des pays qui se sont efforcés, par la promotion ou par la coercition, de généraliser le port du casque cycliste, on n’a pu observer un impact significatif de cette mesure, si ce n’est la baisse du nombre de cyclistes... En Australie, la baisse du nombre de traumatismes crâniens parmi les cyclistes n’a été que de 11%, alors que le nombre de cyclistes a baissé de 30%, ce qui signifie que le risque rapporté au nombre de cyclistes s’est en réalité accru ! Aux USA, l’augmentation significative du taux de port du casque ne s’est pas traduite par une baisse sensible du nombre de victimes cyclistes, ce pays ayant au contraire en matière d’accidentologie cycliste des résultats 5 fois moins bons que les Pays-Bas, où le casque est très rarement porté. En Grande-Bretagne le nombre d’enfants cyclistes hospitalisés pour traumatisme crânien a baissé de 21% entre 1995 et 2003, alors que dans le même temps le pourcentage d’enfants portant un casque a diminué de 14%. Enfin, dans plusieurs pays dont l’Australie, l’Allemagne et la France, le nombre de blessés cyclistes et piétons a diminué dans des proportions identiques en une dizaine d’années, alors qu’aucun piéton ne porte de casque.

5. Des adhérents cyclistes nous ont signalé que dans des points de vente d’un grand distributeur membre de la FPS, les vendeurs expliquent aux clients que le casque est sur le point de devenir obligatoire, et que cela aurait même dû être fait dès 2004. Je ne sais pas d’où vient cette rumeur, mais le Ministère des Transports, concerné au premier chef puisque c’est celui de la Sécurité Routière, a confirmé officiellement à 10 reprises entre début 2003 et avril 2005, par des réponses écrites à des questions de députés, que le Gouvernement n’envisageait aucune mesure pour imposer le port du casque à vélo, compte tenu des échecs des expériences de pays étrangers. Le rapport parlementaire Le Brethon, remis au Premier Ministre en mars 2004, défend également ce point de vue, et l’Amicale Cycliste Parlementaire est elle aussi opposée à l’obligation du casque.

La FUBicy a jusqu’à présent apprécié de pouvoir agir de concert avec le Comité de Promotion du Vélo, dont la FPS est membre comme nous, dans le respect des compétences de chacun, pour faire ensemble progresser la pratique du vélo sous toutes ses formes. Aussi, nous nous permettons d’insister pour que vous respectiez la spécificité des pratiques non sportives du vélo, et que vous teniez compte des éléments exposés ci-dessus pour mieux cibler votre campagne casque en direction des seules « pratiques à risques ».

Nous sommes à votre disposition si vous avez besoin de plus de précisions sur nos sources de données, et de chiffres ou explications supplémentaires. Nous sommes également prêts, si vous le souhaitez, à examiner ensemble comment adapter les messages que vos adhérents peuvent transmettre aux différentes catégories de cyclistes pour améliorer leur sécurité.
Dans l’attente de votre réponse, veuillez agréer, monsieur Gogin, l’expression de mes salutations les plus cordiales

Monique Giroud, présidente de la FUBicy

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( 3 ) Madame / Monsieur le Maire,

Télécharger la version .doc de cette lettre.

L’INPES et l’assurance maladie sont à l’origine d’une campagne visant à promouvoir le port du casque par tous les cyclistes. Cette campagne peut se décliner entre autres par la diffusion d'affiches à placer sur des espaces offerts par des municipalités.

Nous estimons que cette campagne est malheureusement de nature à décourager la pratique du vélo en ville. Notre association n’est pas opposée au port du casque, mais elle s’élève contre l’amalgame fait à tort entre des pratiques à risques (sport cycliste) et les simples déplacements à vélo . Ces campagnes visant tous les cyclistes sans distinction accentuent la perception d’un risque déjà largement surestimé.

Si l’on peut douter qu’elles incitent les cyclistes à porter un casque, il est en revanche certain qu’elles contribuent à entretenir l’idée qu’il serait dangereux de circuler à bicyclette, et par conséquent à décourager un peu plus encore ceux qui déjà hésitent à prendre leur vélo. On ne saurait nuire plus efficacement à la promotion du vélo comme mode de déplacement urbain. 

Plus encore : au regard des bénéfices pour la santé qu’apporte une pratique régulière de la bicyclette – réduction notamment des maladies cardio-vasculaires, cette campagne aura en définitive des effets contraires, en termes de santé publique, aux objectifs a priori poursuivis. Les études de l’INRETS ont en effet mis en évidence qu’en France, le nombre de vies gagnées par l’usage quotidien de la bicyclette est 6 à 10 fois plus élevé que le nombre de vies perdues en cyclistes tués. Les risques d’être blessé lors d’un déplacement à vélo, à vitesse modérée, sont du même ordre que lors d’un déplacement à pied.

L’INPES et l’assurance maladie sollicitent de nouveau les grandes villes pour conduire une campagne d’affichage en 2004, toujours sans l’accompagner d’informations objectives sur les risques très différents selon le type de pratique. Nous vous demandons par conséquent de répondre négativement à cette sollicitation et, comme le font actuellement  les élus de plusieurs villes (Montreuil, Dijon, Paris, Nantes, Bordeaux...), de refuser de mettre gratuitement  les panneaux d’affichage de la ville à la disposition de cette campagne.

Nous sommes en revanche tout à fait prêts à imaginer d’autres affiches visant à améliorer la cohabitation et le respect mutuel des différentes catégories d’usagers de la rue et, par conséquent, la sécurité de tous.
Convaincu que vous comprendrez le bien-fondé de notre démarche et dans l’attente d’une réponse de votre part, …..

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